Une plateforme pour simplifier l’analyse ESG

par | Déc 12, 2018

Un avantage compétitif nécessaire pour que les gestionnaires d’actifs se différencient.

 

 

 

L’utilisation massive des critères ESG (environnementaux, sociétaux et de gouvernance) dans la gestion financière est en marche mais leur implémentation comme fondement d’investissement reste complexe. Les gestionnaires d’actifs se doivent de répondre à la demande croissante des clients pour plus de transparence et d’éthique. La collecte et la qualité des informations sont donc devenues un enjeu majeur pour les Asset Managers. Pour réaliser l’étude et le scoring ESG d’une entreprise, les gérants et analystes ISR doivent collecter les données de multiples fournisseurs externes et les confronter à leurs recherches internes. Le manque de standards parmi ces acteurs accentue le besoin de retraitement manuel augmentant le coût et la quantité de travail nécessaires. Plutôt que sur de nouvelles informations ou outils de reporting, il est nécessaire de donner accès aux gérants et analystes ISR à une interface qui révolutionnera leur mode de travail et réduira le coût du travail en capitalisant sur les technologies modernes . Dans un contexte de réduction des marges (essor de la gestion passive, …), une plateforme de ce type serait un avantage compétitif qui leur permettrait de se différencier et de répondre à la demande grandissante pour des produits financiers durables, tout en maîtrisant le coût de la recherche ESG.

 

 

Comment faciliter l’investissement dans l’ESG ?

La prise en compte des critères ESG est devenue incontournable. Les investissements socialement responsables ont été multipliés par 8 entre 2010 et 2016, passant de 3.07 trillions de dollars en 2010 à 22.98 trillions de dollars en 2016. Cette prise de conscience des enjeux environnementaux et du rôle de la finance dans ce domaine répond à un nouveau besoin sociétal hérité de la COP 21 et emmené par les millenials. Le transfert de richesse des investisseurs traditionnels vers cette jeune génération en quête de transparence et de sens a pour conséquence une augmentation des investissements vers des actifs à faible empreinte carbone ou des produits dits responsables.

 

Dans ce contexte l’engagement du secteur privé et en particulier de la finance est devenu primordial. Cet engouement pour l’ESG de la part des Asset Managers peut être relié à une autre tendance : l’essor de la gestion passive et la nécessité de se différencier pour la gestion active. La gestion passive ne cesse de croître, elle représentait 9% des produits gérés en 2003 contre 20% en 2017 mais n’apporte que peu de profit, elle représentait 3% des revenus des Asset Managers en 2003 et seulement 6% en 2017. A l’inverse les produits actifs, ne cessent de perdre des parts de marchés. Aujourd’hui ils ne représentent plus que 33% des produits gérés contre 57% en 2003. Il est donc nécessaire pour les Asset Managers d’offrir de nouveaux produits dont la stratégie de gestion active apportera plus de valeur à leurs clients : c’est le cas de l’inclusion de critères ESG. L’analyse ESG fait intervenir des critères éthiques et de conviction, leur gestion par des humains fait donc sens, d’autant plus que ce traitement est aujourd’hui difficilement automatisable. Miser sur l’ESG est pour les gestionnaires d’actifs une stratégie pour défendre leurs marges.

 

Une étude récente montre justement que les investissements ESG peuvent générer des profits supplémentaires avec un risque faible sur le long terme. Les gestionnaires d’actif peuvent ainsi -en proposant une gamme de fonds ESG- augmenter leur marge, mais cela à condition que l’investissement soit contenu.

 

Aujourd’hui la collecte des informations est un travail lourd et coûteux du fait du manque d’uniformisation des données. Les sources de données sont très variées, non standardisées et incomplètes. Il existe deux manières de collecter la donnée, un procédé interne et un externe. Le processus qui consiste à utiliser une équipe d’analystes en interne pour faire des recherches est onéreux du fait de la nécessité d’entamer un dialogue avec l’entreprise et de compiler de multiples sources de données non structurées. Les données externes provenant de fournisseurs sont structurées mais soumises à la subjectivité de la méthodologie qui ne correspond pas à une réglementation et dont les analyses ne répondent pas à un standard préétabli. Ces données nécessitent donc un retraitement. Le travail des fournisseurs de données consiste en effet à généraliser une méthode alors que celui des gestionnaires d’actifs consiste à s’approprier les critères ESG par rapport à leur propre conviction. Les Assets Managers doivent donc en général recourir à une combinaison de sources d’information interne et externe multipliant ainsi le coût d’acquisition de la donnée et le temps d’analyse. L’implémentation d’une solution efficace qui automatiserait la part manuelle et à faible valeur ajoutée de l’analyse est donc nécessaire. Le métier d’analyste ESG connaîtrait ainsi une évolution, les informations seraient déjà triées et hiérarchisées en fonction de la vision désirée. Plutôt que de collecter des données trop nombreuses, l’analyste pourrait ainsi se recentrer sur son cœur de métier.

 

Créer une interface qui combine à la fois les données interne et externe et qui permette de faciliter leur re-taitement et l’analyse ESG permettrait aux Asset Managers d’acquérir un avantage compétitif et de se différencier. L’objectif est d’automatiser la partie du travail de l’analyste ESG à faible valeur ajoutée (re-traitement des données non-structurées, comparaison de sources, recherche de documents, pré-analyse des données) et de fournir des données ESG structurées et prêtes à la consommation par les équipes des gestionnaires d’actifs. Ces équipes pourraient se concentrer sur la partie la plus valorisante de l’ESG : finaliser le scoring interne et l’utiliser dans le processus d’investissement. Les gérants de portefeuille bénéficieraient d’outils front reliés directement à la plateforme et donc aux données. La plateforme pourrait contenir des interfaces adaptées aux données et à l’usage de chaque acteur, être connectée aux données publiques des fournisseurs de données de manière personnalisée, améliorer la pertinence des recherches grâce à une classification être alerté en cas de controverse suivie et être connectée au système de gestion interne de l’asset manager.

 

Etant donné que les marges des Asset Managers diminuent, le facteur coût est déterminant. Le développement de cette plate-forme en paiement par usage (serverless) permettra aux gestionnaires d’actif de ne payer que pour les recherches effectuées et les données stockées et d’éviter des dépenses en stockage de données et l’hébergement d’un outil puissant.La plateforme utilisera le Natural Language Processing (NLP) qui couplé à un système de machine learning permettront d’analyser des données non structurées.

 

Chez Weefin nous avons la conviction que ce type de plateformes représente l’avenir de l’analyse ESG chez les asset managers. Investir dans un outil qui permette d’automatiser au maximum le processus d’investissement ESG, c’est s’assurer d’être prêt et de se différencier tout en limitant la hausse du coût opérationnel.

Chloé Chaufard– Consultante en Stratégie chez WeeFin